Après la mort d’un chauffeur de gbaka attribué
aux éléments de la Police, le jeudi 28 février
à Yopougon, c’est le sergent de Police, Yapo
Jean Yves Roland, en service au commissariat
du 11ème arrondissement, qui a été tué,
ce mardi 11 mars 2008, par deux chauffeurs
de Gbakas. Simple accident ou vendetta ?
C’est la question que plusieurs personnes
se posent en ce moment. En effet, selon les
informations, ce mardi aux environs de 8
heures, le sergent Yapo Jean-Yves Roland
devrait rejoindre sa base. Pour ce faire,
il décide d’emprunter un gbaka. Ainsi
longe-t-il le couloir de la Sicogi,
son quartier qui fait face à l’endroit dit
« carrefour magasin ». Pour plus de précaution,
le sergent Yapo traverse le petit caniveau pou
r se mettre au niveau du passage piéton. Il n’a
rien à craindre car à cet endroit, les véhicules
ne peuvent aller à vive allure du fait de l’état
de dégradation de la route. Cela suffit-il pour
se croire à l’abri ? Toujours est-il que les
secondes qui suivent, un gbaka qui arrive à vive
allure vient le faucher. Les riverains et de
bonnes volontés n’ont pas le temps de le
secourir qu’un autre gbaka vient passer
sur le corps de Roland Yapo. Effroyablement
mutilé, la boite crânienne ouverte et les
membres brisés, le pauvre décède sur le
champ. Les chauffeurs et les apprentis
responsables de cet horreur, prennent
la fuite. Très rapidement, des badauds
s’attèlent à couvrir le corps pour éviter
que les âmes sensibles ne découvrent cette
image insoutenable. C’est dans cette entreprise
qu’un vigile témoin de la scène, tente d’empêcher
les véhicules d’avoir accès au lieu du drame en
dressant des barricades. Mal lui en prit. Des
chauffeurs de gbaka et leurs apprentis, on ne
sait pour quelles raisons, se ruent sur lui pour
le battre sauvagement. Il est lui aussi en sang
, son crâne est ouvert. Il est soustrait de la
horde des chauffeurs et apprentis par de bonnes
volontés accourues. Peu après les autorités
policières notamment celles de la Compagnie
républicaine de sécurité (Crs) 1 sont saisies,
tout comme les parents du défunt qui accourent
sur le lieu du drame. Ils constatent avec
stupéfaction la mort atroce de Roland Yapo.
Pleurs, cris et lamentations déchirent
le silence ; les nombreux badauds et de curieux,
qui ont envahi les lieux, observent, stupéfaits,
la scène. Plusieurs détachements de policiers et
de gendarmes arrivent pour sécuriser le périmètre.
Les hautes autorités des Forces de défense et de
sécurité, qui étaient sur les lieux, autorisent les
services des pompes funèbres alertés, à transférer
le corps à la morgue. Cette scène difficilement
supportable révolte les jeunes et les camarades
de quartier du sergent Yapo Jean Yves Roland.
Aussitôt, munis de gourdins, de machettes,
de projectiles, ils organisent la chasse non
seulement aux gbakas mais aussi aux wôrô-wôrô.
Depuis le « carrefour magasin », tous les véhicules
assimilés à ces engins de transport en commun sont pris
à partie. Au pas de course, des jeunes en colère ont
« ratissé » jusqu’au carrefour lavage en cassant
des wôrô-wôrô. La plupart des chauffeurs de gbakas,
informés de la situation qui prévalait, ont simplement
arrêté le travail. Toutefois, certains n’ont pas échappé
à la furie des jeunes qui ont cassé au moins une dizaine
de gbakas, au niveau de l’établissement secondaire Aimé
Césaire. Bien avant, deux premiers gbakas qui s’étaient
retrouvés sur les lieux du drame ont été incendiés.
Il s’agit des gbakas immatriculés respectivement
1645 CZ 01 et 9771 CV 01. Cette vendetta a privé la
commune de Yopougon d’un trafic normal. En tout cas,
la circulation était paralysée jusqu’à 15 h. Et on
craint fort qu’elle ne se normalise maintenant eu égard
à une éventuelle réplique des collègues de Yapo Jean Yves
Roland,
jusque-là accusés à tort ou à raison de « casser du
chauffeur ».
Vivement que les esprits soient habités par la raison.
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